À jour au juillet 2026. Le taux de réussite en PASS et en L.AS est l’une des premières questions que se posent les élèves de terminale et leurs familles. La réponse chiffrée existe : d’après la Note Flash n°31 du ministère de l’Enseignement supérieur, deux néo-bacheliers sur cinq inscrits en PASS ou en L.AS à la rentrée 2021 ont été admis en filière MMOPK après une ou deux années d’études. Derrière cette moyenne nationale se cachent toutefois de fortes différences selon la voie, la filière et l’université. Cet article détaille les chiffres officiels, ce qu’ils veulent dire et comment les interpréter pour votre propre situation. Pour comprendre d’abord le fonctionnement des deux voies, notre guide sur l’accès aux études de santé via PASS ou L.AS pose le cadre complet.
Le chiffre à retenir : 40 % d’admis en un ou deux ans
Sur l’ensemble des néo-bacheliers inscrits en PASS ou en L.AS à la rentrée 2021, environ 40 % ont été admis en deuxième année de MMOPK après une ou deux années d’études. Ce chiffre provient du suivi statistique du ministère de l’Enseignement supérieur (Note Flash n°31, novembre 2024), qui exploite le système d’information sur le suivi de l’étudiant.
Ce taux global recouvre en réalité deux réalités très différentes. Pour les étudiants entrés par le PASS, le taux d’admission en un ou deux ans atteint 47,8 %. Pour ceux entrés par la L.AS, il s’établit à 23,3 %. La moyenne de 40 % est donc une valeur intermédiaire qui, prise isolément, peut induire en erreur si l’on ne regarde pas la voie concernée.
Un point important : ce chiffre est stable dans le temps. Le taux de réussite en un ou deux ans de la cohorte 2021 est très proche de celui des bacheliers inscrits en PACES en 2019. La réforme n’a donc pas augmenté le nombre total d’admis en santé, ce que le nombre de places, fixé par le numerus apertus, ne permettait pas. Elle a changé la manière d’y accéder, pas la sélectivité globale. Ce mécanisme de places est détaillé dans notre article sur le numerus apertus et les places en médecine.
PASS ou L.AS : deux taux de réussite très différents
Les chiffres officiels sont sans ambiguïté sur ce point : les étudiants inscrits en PASS ont un taux de réussite plus élevé que ceux inscrits en L.AS, que ce soit en première année ou pour l’accès en deuxième année de MMOPK.
Le tableau ci-dessous reprend les taux de passage en deuxième année de MMOPK pour la cohorte 2021, en pourcentage, filière par filière.
| Filière | PASS 2021 | L.AS 2021 |
|---|---|---|
| Médecine | 29,6 | 13,3 |
| Maïeutique (sage-femme) | 2,2 | 1,2 |
| Odontologie (dentaire) | 3,7 | 1,8 |
| Pharmacie | 7,6 | 3,0 |
| Kinésithérapie | 4,7 | 4,1 |
| Total admis en un ou deux ans | 47,8 | 23,3 |
Source : ministère de l’Enseignement supérieur, SIES, système d’information sur le suivi de l’étudiant.
Plusieurs enseignements ressortent de ces données. D’abord, la médecine concentre l’essentiel des admissions : c’est la filière la plus visée, et de loin. Ensuite, l’écart entre PASS et L.AS est net pour presque toutes les filières, sauf en kinésithérapie où les deux voies se rapprochent (4,7 % contre 4,1 %).
Le taux de passage en un an est particulièrement révélateur. Il est deux fois plus élevé pour les PASS : 36 % des néo-bacheliers inscrits en PASS en 2021 ont été admis dès la première année, soit environ 8 800 étudiants, contre 17 % pour ceux inscrits en L.AS, soit environ 1 800 étudiants. Le taux d’admission en deux ans suit la même logique : 12 % pour les PASS contre 6 % pour les L.AS.
Attention toutefois à l’interprétation. Ces écarts ne signifient pas que le PASS est mécaniquement plus « facile ». Ils traduisent surtout deux choses : les places réservées à la voie PASS sont souvent plus nombreuses dans les universités, et les profils qui choisissent le PASS sont généralement des élèves scientifiques déjà orientés vers la santé. Le choix de la voie ne se résume donc pas à ce chiffre, comme nous l’expliquons dans notre comparatif PASS ou L.AS : comment choisir selon votre profil.
Une réforme qui a réduit les redoublements de moitié
L’un des objectifs affichés de la réforme de 2020 était de limiter le « gâchis » du redoublement massif qui caractérisait la PACES. Sur ce point, les chiffres officiels montrent un résultat concret.
Pour un même taux d’admission global, les bacheliers 2021 redoublent deux fois moins leur première année de santé que la cohorte de bacheliers 2019 inscrits en PACES. Autrement dit, à nombre d’admis comparable, davantage d’étudiants réussissent dès leur premier passage.
Le détail est parlant. Sur l’ensemble des admis en deuxième année de MMOPK en un ou deux ans, seule la moitié des bacheliers 2019 en PACES avaient été admis en un an. Pour les bacheliers 2021 en PASS ou L.AS, cette proportion monte aux trois quarts. La réussite en un an est donc devenue la norme, alors qu’elle était minoritaire auparavant.
Cette évolution tient en grande partie à une règle structurelle : le redoublement n’est plus autorisé en PASS. Un étudiant qui échoue à l’accès en filière santé mais qui a validé son année ne redouble pas ; il poursuit en deuxième année de licence via une L.AS et retente sa chance plus tard. C’est ce mécanisme de rebond que nous détaillons dans l’article sur l’échec en PASS et le rebond vers la L.AS.
Le cas de la cohorte 2020 : un creux transitoire
Les statistiques distinguent trois cohortes, et celle de 2020 se démarque par un taux d’admission plus faible : 34 % en un ou deux ans, contre 40 % pour les cohortes 2019 et 2021. Ce creux mérite une explication, car il pourrait inquiéter à tort.
La cohorte 2020 était la toute première à essuyer les plâtres de la réforme. Ces étudiants n’avaient qu’une seule année pour intégrer une filière santé, faute de pouvoir redoubler en PASS, tout en étant en concurrence avec les derniers redoublants issus de la PACES. Cette double contrainte a mécaniquement réduit leur taux de réussite.
Ce phénomène était donc transitoire, lié à la période de transition entre l’ancien et le nouveau système. La cohorte 2021, qui n’était plus confrontée à cette concurrence, retrouve un taux d’admission comparable à celui de la PACES. Il faut garder cela en tête lorsque l’on compare des chiffres d’années différentes : une baisse ponctuelle peut refléter un contexte particulier plutôt qu’une tendance de fond.
La réorientation sans perte de temps : le vrai apport de la L.AS
Si le PASS affiche de meilleurs taux d’admission, la L.AS possède un atout que les chiffres mettent clairement en évidence : elle facilite la réorientation sans perdre d’année pour ceux qui n’accèdent pas à la santé.
Le constat est net. Parmi les étudiants de la cohorte 2021 non admis en MMOPK, 20 % des inscrits en L.AS étaient en troisième année d’études deux ans après le baccalauréat, contre 8 % pour les PASS et seulement 4 % pour la PACES. La L.AS multiplie donc par cinq, par rapport à l’ancien système, la probabilité de continuer sa scolarité sans perte de temps en cas d’échec santé.
Cette différence s’explique par la nature même de la L.AS. Un étudiant de L.AS suit une vraie licence dans une discipline majeure (droit, biologie, STAPS, psychologie, etc.). S’il n’accède pas à la santé, il poursuit simplement dans cette licence, sans repartir de zéro. À l’inverse, l’étudiant de PASS a suivi une année centrée sur la santé, moins directement transférable vers un autre cursus. Le choix de la discipline majeure en L.AS est donc décisif pour la suite, un sujet que nous approfondissons dans l’article sur choisir sa licence en L.AS.
Les données montrent aussi que la majorité des réorientés se dirigent vers une licence hors L.AS. Parmi les bacheliers 2021 non admis en MMOPK et inscrits en troisième année en 2023, près des trois quarts étaient en licence hors L.AS. Les écoles d’infirmières constituent un autre débouché fréquent pour les réorientés, notamment pour ceux encore inscrits en première ou deuxième année.
Ce que deviennent les admis après la deuxième année
La réussite ne s’arrête pas à l’entrée en deuxième année de MMOPK. Les statistiques suivent aussi le parcours des admis une fois franchie cette étape, et les résultats confirment la solidité du nouveau système.
Parmi les néo-bacheliers 2021 admis en deuxième année en un an, 93 % passent en troisième année de leur filière santé, contre 90 % pour la cohorte 2020 et 94 % pour la PACES de 2019. Le nouveau système se rapproche donc du niveau de continuité qui existait avant la réforme, après un léger creux sur la première promotion. Les taux de redoublement et de réorientation en deuxième année ont d’ailleurs baissé d’environ un point et demi chacun entre les cohortes 2020 et 2021.
Là encore, une différence apparaît entre les deux voies. Les étudiants issus de L.AS redoublent plus souvent leur deuxième année de MMOPK (près de 9 %) que ceux issus de PASS (environ 5 %). Les réorientations et abandons après la deuxième année sont eux aussi un peu plus fréquents pour les L.AS, en particulier en kinésithérapie. Cet écart s’estompe cependant au fil des années : une fois l’étudiant intégré en filière santé, son origine PASS ou L.AS pèse de moins en moins sur la suite de son cursus.
Ce que ces chiffres disent, au fond, c’est que la vraie sélection se joue à l’entrée en deuxième année. Passé ce cap, la grande majorité des étudiants poursuivent leur parcours jusqu’au bout. C’est une raison de plus pour concentrer son énergie sur la réussite de la première année, quelle que soit la voie choisie.
Les limites des statistiques nationales
Avant d’utiliser ces chiffres pour orienter une décision, il faut comprendre ce qu’ils ne disent pas. Les taux de réussite nationaux sont des moyennes agrégées sur l’ensemble du territoire, et plusieurs limites méritent d’être gardées en tête.
D’abord, ces données portent sur des cohortes déjà anciennes. La Note Flash publiée fin 2024 suit principalement les bacheliers entrés en 2021, car il faut deux ans de recul pour mesurer un parcours en un ou deux ans. Les chiffres décrivent donc une photographie fiable mais décalée dans le temps. Les modalités d’accès de chaque université ayant pu évoluer depuis, il faut compléter cette lecture par les informations les plus récentes de l’établissement visé.
Ensuite, la moyenne écrase la diversité des situations. Un taux national de 40 % additionne des universités où le taux d’admission dépasse ce chiffre et d’autres où il est bien inférieur. Il mélange aussi des profils très différents : bacheliers avec spécialités scientifiques, élèves réorientés, étudiants venus d’une autre licence. Rapporter votre cas personnel à cette moyenne n’a donc qu’une valeur indicative.
Enfin, les statistiques ne capturent pas les facteurs individuels décisifs : la méthode de travail, la régularité, l’accès à un tutorat de qualité, l’équilibre personnel sur une année exigeante. Deux étudiants au dossier comparable peuvent connaître des issues opposées selon la façon dont ils abordent l’année. Le chiffre décrit une probabilité collective, jamais un destin individuel.
Ces limites n’enlèvent rien à l’intérêt des données officielles : elles restent la meilleure boussole disponible pour comprendre le paysage. Elles invitent simplement à les manier avec prudence, comme un point de départ à croiser avec votre réalité locale et personnelle.
Comment interpréter ces chiffres pour votre situation
Ces statistiques nationales sont utiles pour comprendre les grandes tendances, mais elles ne suffisent pas à prédire vos propres chances. Voici les précautions à prendre pour les lire correctement.
Premièrement, un taux national n’est pas un taux local. Le nombre de places réservées à chaque voie varie fortement d’une université à l’autre. Une faculté peut réserver l’essentiel de ses places au PASS, une autre privilégier la L.AS. Le taux réel dans l’université que vous visez peut donc s’écarter sensiblement de la moyenne. Consultez les chiffres publiés par l’établissement et sa fiche sur Parcoursup.
Deuxièmement, le taux de réussite ne mesure pas la difficulté ressentie. Un taux de 47,8 % en PASS ne veut pas dire que la moitié des étudiants réussissent sans effort : il masque une année de travail intense et une sélection réelle. Le chiffre décrit un résultat collectif, pas la charge individuelle. Pour anticiper cette charge, nos ressources sur les méthodes de travail et l’organisation en première année santé sont un bon point de départ.
Troisièmement, votre profil compte davantage que la moyenne. Un élève scientifique solide et déterminé se rapprochera des taux du PASS ; un élève au dossier plus équilibré, attaché à une autre discipline, tirera parti des atouts de la L.AS. Le bon indicateur n’est pas le taux national, mais l’adéquation entre votre profil, la voie choisie et les places disponibles localement. Les ressources de l’ONISEP recensent les universités et leurs modalités d’accès pour affiner cette lecture.
Trois erreurs fréquentes dans la lecture des taux
Comprendre les chiffres, c’est aussi éviter les pièges d’interprétation les plus courants. Trois erreurs reviennent systématiquement chez les familles qui découvrent ces statistiques.
La première erreur consiste à additionner mentalement les taux de plusieurs filières pour se rassurer. Le total des admis en un ou deux ans (47,8 % en PASS) n’est pas la somme des lignes filière par filière prises indépendamment : un même étudiant ne peut être admis que dans une seule filière. Le taux de médecine et celui de pharmacie ne s’ajoutent donc pas comme des chances cumulées.
La deuxième erreur est de comparer des cohortes différentes sans tenir compte du contexte. Nous l’avons vu avec la cohorte 2020, dont le taux plus faible s’expliquait par la transition. Comparer le taux de 2020 à celui de 2021 sans cette précaution conduirait à surestimer une prétendue amélioration ou dégradation qui n’existe pas vraiment.
La troisième erreur, la plus répandue, consiste à conclure que le PASS est « la bonne voie » parce que son taux est plus élevé. Or ce taux plus élevé reflète en partie un plus grand nombre de places réservées à cette voie et des profils déjà orientés vers les sciences. Pour un élève dont le point fort n’est pas scientifique, viser le PASS uniquement pour son taux national reviendrait à se placer dans une voie moins adaptée à son profil. Le bon raisonnement part toujours de l’étudiant, pas de la statistique.
En résumé
Les chiffres officiels du ministère dessinent un tableau clair. Environ 40 % des inscrits en PASS ou L.AS de la cohorte 2021 ont été admis en MMOPK en un ou deux ans, avec un net avantage au PASS (47,8 %) sur la L.AS (23,3 %). La réforme a réduit de moitié les redoublements et permis à trois admis sur quatre de réussir dès la première année. En contrepartie, la L.AS offre une réorientation bien plus fluide, avec 20 % de ses non-admis en troisième année deux ans après le bac. Ces moyennes nationales restent des repères : le taux qui vous concerne dépend de votre profil, de la filière visée et des places réservées à chaque voie dans votre université. Croisez toujours ces statistiques avec les données locales avant de décider.