En L.AS, une décision passe souvent au second plan alors qu’elle est structurante : le choix de la licence majeure. Beaucoup d’élèves la considèrent comme un simple support à l’option santé, sans réaliser qu’elle constitue leur diplôme réel et leur voie de réorientation en cas d’échec. Bien la choisir, c’est sécuriser à la fois son année et son avenir. Cet article passe en revue les critères de décision et les principales licences proposées en L.AS. Pour comprendre la place de la L.AS dans le système, voyez notre guide sur l’accès aux études de santé via PASS ou L.AS.
La licence majeure est votre vrai parcours
Rappelons la logique de la L.AS : vous êtes d’abord inscrit dans une licence classique, et la santé n’est qu’une option représentant une part minoritaire des crédits. La discipline majeure n’est donc pas accessoire. C’est celle que vous étudiez réellement la plus grande partie du temps, celle qui délivre votre diplôme, et celle vers laquelle vous continuerez si vous n’accédez pas à la santé.
Cette réalité change la manière de choisir. La question n’est pas seulement quelle licence aide le mieux à entrer en santé, mais aussi quelle licence j’aurais envie de poursuivre si la santé n’aboutit pas. Le rebond vers cette licence est précisément ce qui protège votre parcours en cas d’échec, comme l’explique notre article sur l’échec en PASS et le rebond vers la L.AS. La notion d’option santé et de mineure est précisée dans le glossaire.
Les principales licences proposées
Les universités proposent des L.AS adossées à des disciplines variées. Voici les plus courantes et ce qu’elles impliquent.
Biologie et sciences de la vie
La licence biologie partage de nombreux contenus avec les enseignements de santé : biochimie, physiologie, génétique. Cette proximité peut faciliter les révisions et créer des passerelles intellectuelles. Le revers est que cette licence attire beaucoup de candidats santé, ce qui peut accentuer la concurrence. En cas de réorientation, elle ouvre sur les métiers de la recherche, de l’environnement, de l’agroalimentaire ou de l’enseignement.
STAPS
La licence STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) intéresse les profils tournés vers le mouvement, le sport et la santé physique. Elle peut constituer une porte d’entrée cohérente pour qui vise la kinésithérapie, sachant que l’accès au K reste variable selon les universités. En réorientation, elle mène aux métiers du sport, de l’éducation physique, de l’entraînement ou de la réadaptation.
Droit
La licence droit est éloignée des contenus de santé, ce qui peut être un atout : elle offre un environnement de travail différent, un raisonnement complémentaire et un plan B clairement distinct. C’est une discipline exigeante en méthode et en rigueur d’expression. En cas de réorientation, elle ouvre sur de nombreux débouchés (juridique, administration, concours), et même sur le droit de la santé pour qui garde un intérêt pour le secteur.
Psychologie
La licence psychologie attire les profils intéressés par la relation, le soin psychique et les sciences humaines. Elle est très demandée et donc sélective. Elle propose un plan B solide vers les métiers de l’accompagnement, sous réserve de poursuivre vers un master pour exercer certains métiers réglementés.
Autres disciplines
Selon les universités, d’autres licences existent : économie, lettres, sciences exactes, sciences pour la santé, etc. L’offre précise figure sur Parcoursup et sur les sites des facultés, et est recensée par l’ONISEP et le ministère de l’Enseignement supérieur.
Les critères de décision
Pour choisir, croisez plusieurs critères dans cet ordre de priorité.
D’abord, votre aisance et votre intérêt dans la discipline. Une matière où vous êtes solide sécurise votre moyenne et donc votre maintien dans le cursus, condition pour candidater à la santé. Une matière qui vous ennuie risque au contraire de plomber l’année. Ensuite, la qualité de votre plan B : préférez une licence dont les débouchés vous conviendraient si la santé n’aboutissait pas. Puis, la cohérence éventuelle avec la filière santé visée, sans en faire un critère absolu. Enfin, les capacités d’accueil santé proposées par voie et par licence dans l’université, sujet lié au numerus apertus et aux places en médecine.
Méfiez-vous d’un raisonnement répandu : croire qu’une licence donnée garantit l’accès à la santé. L’admission dépend des résultats à l’option santé et du nombre de places, pas du nom de la majeure. Le choix de la licence n’augmente pas mécaniquement vos chances ; il sécurise votre année et votre avenir.
Les erreurs à éviter
Trois écueils reviennent souvent. Le premier consiste à choisir une licence uniquement parce qu’elle paraît proche de la santé, sans aucun intérêt pour la discipline elle-même : c’est le meilleur moyen de subir l’année. Le deuxième est de négliger la licence pour ne travailler que l’option santé : or il faut valider les deux, et l’échec à la licence compromet tout. Le troisième est de miser sur un changement de licence en cours de route, alors que ces passerelles sont incertaines et dépendent de chaque université.
Le bon réflexe est inverse : traiter la licence comme un projet à part entière, et l’option santé comme une opportunité que vous saisissez en parallèle. Cette posture protège votre parcours quel que soit le résultat. Si vous hésitez encore entre PASS et L.AS avant même ce choix de licence, notre article sur comment choisir entre PASS et L.AS vous aidera à trancher.
Concilier la licence et l’option santé
Le défi propre à la L.AS est de mener deux fronts en parallèle : réussir la licence majeure et réussir l’option santé. Beaucoup d’étudiants sous-estiment cette double exigence et négligent l’un au profit de l’autre, ce qui les pénalise dans les deux cas.
L’option santé condense un volume important de contenu dans peu de crédits, souvent sur des matières scientifiques denses. Elle demande donc un travail régulier, comparable par moments à celui d’un PASS sur ce périmètre. Dans le même temps, la licence exige sa propre assiduité, et l’échec à la licence compromet la possibilité même de candidater à la santé. L’équilibre se construit par une organisation rigoureuse : planifier chaque semaine le travail de licence et celui de l’option, sans laisser l’un déborder systématiquement sur l’autre.
Le choix de la discipline majeure influence d’ailleurs cette charge. Une licence proche de la santé sur le plan scientifique, comme la biologie, peut mutualiser certaines révisions, mais reste exigeante. Une licence éloignée, comme le droit, impose en revanche de jongler entre deux logiques de travail très différentes. Anticiper cette réalité dès le choix de la licence évite les mauvaises surprises au premier semestre. Nos dossiers sur les méthodes de travail et fiches de révision et sur l’organisation d’une semaine type en PASS s’appliquent aussi à la gestion d’une L.AS.
Vérifier l’offre réelle de votre université
Un point pratique mérite attention : toutes les universités ne proposent pas les mêmes L.AS, ni les mêmes conditions d’accès à la santé selon la licence. L’offre dépend de l’établissement, de ses partenariats internes entre composantes et de ses capacités d’accueil par voie.
Avant d’arrêter votre choix, vérifiez quelles licences sont effectivement adossées à une option santé dans les universités qui vous intéressent, et quelles places santé y sont associées. Ces informations figurent sur les fiches de formation de Parcoursup et sur les sites des facultés. Comparez aussi les fenêtres de candidature offertes selon la licence : certaines permettent de candidater dès la L1, d’autres surtout en L2 ou L3. Ce paramètre, lié aux capacités d’accueil que nous détaillons dans l’article sur le numerus apertus et les places en médecine, influence directement votre stratégie sur plusieurs années.
En résumé
La licence majeure d’une L.AS n’est pas un détail administratif : c’est votre diplôme réel et votre voie de réorientation. Choisissez-la d’abord pour son intérêt propre et votre aisance dans la matière, en veillant à ce qu’elle constitue un plan B que vous accepteriez de poursuivre. La proximité avec la santé peut aider mais ne garantit rien, et la concurrence varie selon les disciplines. Vérifiez enfin les places santé par licence dans l’université visée. Une L.AS bien choisie, c’est une année où vous progressez dans une discipline qui vous convient tout en gardant une chance d’accéder aux filières MMOPK.